Perrine Le Querrec

Cleo Lee
2016-2017

Cleo Lee est née en Enfance, le pays dangereux.
Abusée, elle a longtemps pensé n’être que folie.

C’est ainsi, en déraison, qu’elle a sillonné le monde. Un jour elle a posé son appareil photo et s’est photographiée. C’était à Tokyo. Chambre 1317. Dans cette position. Toujours la même. Partout dans le monde.

Photo après photo, Cleo Lee s’est rétablie  elle a presque guéri.

La position de Cleo Lee est celle d’une poupée démantibulée. Un jouet très cassé.
Qui a joué ? Qui a cassé qui a abimé qui a détruit Cleo Lee ?
Cette dépouille, il faut l’abandonner.
Ici

Encore là
Ailleurs
Loin
Et laisser derrière soi les fantômes d’enfance.

Mue après mue Cleo Lee s’habille de neuf, se reconstruit.

Cleo Lee n’est pas unique.
Elle est les millions de femmes qui ont subi, subissent encore.
Cleo Lee est une série d’étonnements. Voilà ce que je voudrais déclencher, une série d’étonnements. Écrire une histoire des femmes. Une condition de la femme toujours remise en cause, toujours à défendre, un défi sans cesse à relever. La femme, trop souvent sujet, trop souvent objet d’autorité, de dogmes contraignants sa liberté, ses mouvements. La femme obligée à subir, à disparaître, à se cacher.
Une femme poupée, posée là, abusée ou abandonnée.

Et finalement sauvée.

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