Perrine Le Querrec
Codex
L'onde théâtrale, 2025
J’arrête pas d’écrire dans tous les sens sur toutes les pages et les cahiers à profusion commencés continués avec d’autres histoires encore ça me sort de partout je deviens folle d’écriture folle d’écrire mes sens tiraillés vers une histoire puis une autre tant de mots de situations de possibles d’écrire quand je marche quand je mange quand je me lève quand je m’assois quand je bouscule les gens quand il faut parler j’écris quand il faut se lever j’écris quand il faut dire Merci j’écris dans le métro à la bibliothèque dans tes bras dans la nuit dès que le soleil se cache dès qu’il pleut neige je passe d’une page à l’autre d’un personnage à l’autre et voici qu’une nouvelle idée s’approche et je ne la laisse pas s’enfuir j’arrache un morceau de papier note à la va-vite ça va vite dans ma tête et dans les couloirs où tenir sa droite ou sa gauche c’est que de moins en moins je comprends où il faut marcher ce qu’il faut dire et pourquoi supporter tout cela alors que je ne veux qu’écrire ces mondes qui m’occupent m’appellent s’écroulent si je ne les bâtis pas en s’écroulant ils emportent mon sourire ma respiration ma vie.
Laissez-moi écrire.
Laissez-moi écrire.
Le participe présent est une forme verbale à un mode impersonnel. Il est toujours invariable.
Véritable agent double, le participe présent s’accommode de toutes les temporalités et permet d’énoncer une action momentanée et parfaitement délimitée dans sa durée. De fait, cette forme verbale est tout indiquée pour exprimer la simultanéité de deux actions.