Perrine Le Querrec
Mutines
La Contre Allée, 2026
Deux heures pour atteindre le toit
Deux heures de lutte, mais nous étions là
Notre rire était là
Nous étions là, mauvaises filles, dévergondées, maudites, debout plein ciel. Vivantes. Visibles. Enfants. Enfin. Enfants. Enfin. Enfants
|| des fois j’ai le cafard || je me dis || ma vie est finie maintenant || à seize ans et trois mois de cachot ||
C'était encore l'hiver, et Mutines à la Maison de la Poésie de Paris - Scène littéraire.
Sur scène qu’on ne voit qu’une écriture, qu’un langage, pas une poète pas un musicien, pas une mère et son fils, mais un ensemble mot-archive-musique qui forment langage, pas de gestes pas de costumes pas d’effets rien rien rien à voir rien à photographier, mais rencontrer un langage, l’absorber, qu’il vous rentre dedans comme un très gros serpent par la bouche par les yeux par le ventre, que le langage soit le point d’hypnose le rendez-vous des esprits, pas de corps pas de féminité pas de genre pas de chair sauf celle des mots celle de la langue musicale, celle de la contre-offensive.
Le langage de la mutinerie.
Son après son.
Mot après mot.